Les Marx Brothers : Harpo

Publié le par Yves-André Samère

J’avais commencé à vous parler des frères Marx, et mon premier article concernait l’aîné, Chico. Le deuxième était Harpo, en réalité prénommé Adolph, né en 1888, mort en 1964. Il avait choisi de ne jouer que les muets, sans doute par flemme d’apprendre des dialogues, et de cultiver un genre de comique très particulier : dissimuler sur lui des objets inattendus (par exemple un phoque vivant !), ou intercaler dans toutes ses interprétations des numéros musicaux, puisque, comme l’indique son pseudonyme, il jouait parfaitement de la harpe. Précisons que, parfois, il s’agissait d’une harpe fictive, fabriquée avec des objets pas vraiment prévus pour cet usage... Mais il jouait aussi du piano, et donc, à l’occasion, a fait un duo avec son frère Chico.

Deux curiosités à son sujet. D’abord, quelle était la couleur de ses cheveux ? Je suppose qu’ayant vu tous les films des Marx Brothers, vous allez répondre qu’il avait les cheveux blonds. Perdu ! Quand les frères Marx ont débuté sur scène, Harpo portait une perruque... rouge. D’ailleurs, dans Go west! (en français, Chercheurs d’or), une femme le qualifie d’« homme aux cheveux rouges »). Puis les frères ont commencé à faire du cinéma, et comme leurs films étaient en noir et blanc, la perruque apparaissait noire. Si bien que Harpo choisit alors de porter une perruque blonde ! Il existe une preuve de ce détail capital, preuve que vous pouvez visionner ICI, où, en 1957 et dans The story of mankind, film d’Irwin Allen, il joue un Newton qui se fâche contre les pommes.

Et puis, il y a cet autre détail qu’on ne s’attendrait pas à trouver : il avait un admirateur enthousiaste en la personne de... Salvador Dalí – bien que sa notice sur Wikipédia n’en souffle mot. Le peintre était un surréaliste, comme on sait, or les surréalistes étaient très amateurs de l’humour des frères Marx. Dalí allait jusqu’à estimer qu’il n’y avait aux États-Unis que trois surréalistes : Harpo, Walt Disney et... Cecil B. DeMille ! Quelques photos existent, montrant Harpo et Dalí ensemble, par exemple, et l’on regrette qu’il n’en existe aucune de leur première entrevue en 1937, à Hollywood : Harpo, écrivit Dalí, « était nu, couronné de roses et entouré d’une véritable forêt de harpes », et « caressait, telle une nouvelle Léda, un cygne d’un blanc immaculé, qu’il nourrissait avec une statue de la Vénus de Milo en fromage qu’il râpait contre les cordes de l’une des harpes ». Mais cette description relevait peut-être de la mythomanie bien connue du peintre. On rapporte assez peu, aussi, que, d’une part, Harpo n’avait guère qu’indifférence à l’égard de son admirateur, et que, d’autre part, Dalí avait écrit un scénario qu’il comptait faire jouer par les Marx. Mais le film, Giraffes on horseback salads (le scénario, en anglais, se trouve ICI), ne se fit jamais, et, à sa lecture, on le comprend !

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