Mathématique : pas d’année zéro

Publié le par Yves-André Samère

Après quelques considérations sur l’illogisme d’une année qui serait « zéro-ième », voici donc la partie la plus abstraite justifiant qu’une année zéro ne peut pas exister. Tout tourne autour de la notion d’origine des évènements repérés.

Chacun sait que les astronomes, dans leur majorité, estiment que l’Univers a commencé par le Big Bang, moment où tout ce qui existait matériellement et qui était concentré en un volume minuscule s’est mis à grossir de façon démesurée, et très vite. Or l’instant où tout a commencé n’a pas duré une année, ni même une seconde ! Cet évènement originel a une durée infiniment réduite, au point que cette durée est inexprimable. Supposez qu’on ait voulu numéroter les années à partir de cet instant : naturellement, on serait entré d’emblée dans la première année – pas dans la « zéro-ième » année, qui ne peut exister (voir la notule précédente)

Cela nous ramène à la question de l’origine. En géométrie, l’origine de, par exemple, une demi-droite, c’est le point où elle commence, et ce point n’a aucune dimension. Avec un calendrier, l’origine d’une année, c’est le temps infiniment court où le 31 décembre cède la place au 1er janvier, et là encore, cela ne dure pas : avant, c’est décembre, après, c’est janvier, entre les deux, il n’y a rien ! Avant la naissance (supposée) de Jésus, c’est -1, après, c’est 1. Entre les deux, rien : l’instant infiniment court où sa vie commence, le coup de pistolet du starter dans une course de lévriers. C’est pareil pour la mort, notez : avant, on vit ; après, on ne vit plus ; entre les deux, rien.

Cela étant et pour répondre à une question qui m’a été posée, il ne faut pas se laisser troubler par ces signes, le « - » devant les nombres négatifs, le « + » (qu’on omet presque toujours) devant les nombres positifs. Ce ne sont PAS les signes de l’addition et de la soustraction, malgré la ressemblance ! Ils servent uniquement à indiquer dans quel sens on doit regarder. Le meilleur exemple, c’est celui du thermomètre : si le nombre indiquant la température est précédé par un « - », il faut regarder au-dessous du zéro qui sert uniquement de point de repère, ou de départ, comme vous voulez ; si c’est un « + », on regarde au-dessus. Quant au point d’origine, que ce soit le zéro du thermomètre ou l’instant de la naissance de Jésus, il est à la fois positif et négatif, ou ni l’un ni l’autre. En tout cas, il n’a aucune épaisseur dans le cas de la géométrie ou du thermomètre, aucune durée dans le cas du calendrier.

Il y a un roman d’Agatha Christie qu’on a traduit en français par L’heure zéro. Mauvaise traduction, car le titre anglais est Towards zero, autrement dit, « Vers zéro ». Cela exprime bien la réalité, qu’on TEND vers zéro, mais que ça ne dure pas.

Conclusion : l’instant zéro ne dure pas une année !

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Je le savais si bien, cher Albert, que j’en ai déjà parlé... il y a quelques années, à propos des conditions qu’il faudrait pour que les glaces de l’Antarctique fondent et nous noient (légende
imbécile propagée par Al Gore, et à laquelle il est impossible de croire). J’avais même publié le nombre de kilojoules qu’il fallait apporter pour que fonde un gramme de glace, et calculé la
quantité de chaleur nécessaire pour que le niveau des océans montent comme on nous le raconte. C’était évidemment phénoménal et tout à fait irréaliste !

Mais là, nous parlons de physique. Je ne traitais, dans le présent texte, que de mathématiques.
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A
Le zéro est bien subtil et bien plus complexe qu'il ni paraît. Tout depend depuis quelle dimension il est observé. En chimie par exemple le passage de l'eau solide à zéro degrés et l'eau liquide à
zéro degrés requiert une quantité d'energie non nulle...on pourrait broder des heures avec cet exemple des plus simple, mais ce serait chiant et sans intérêt.
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K
Ahhhh, les fonctions ( suite, dérivée, résidus, etc) qui tendent vers 0, que de bons souvenirs. Merci de les faire resurgir.
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