Quand on est prix(s) de vertige
L’autre jour, je vous ai parlé de mon goût pour les romans policiers. Or, aujourd’hui, Place des Innocents, chez un des innombrables soldeurs à l’enseigne « Mona lisait » (ouarf !), j’ai déniché un recueil de nouvelles de Boileau et Narcejac, Manigances, publié chez Denoël en 1971, et soldé pour... vingt centimes. Non, je ne fabule pas. J’ai dit au jeune vendeur que les auteurs ont dû se retourner dans leurs tombes, pour être tombés à ce niveau.
Mais, en fin de compte (les cons disent « Au final »), c’est bien fait pour eux. Ces deux zigotos avaient fait un procès au maître Alfred Hitchcock, car ils n’avaient pas été contents de la manière dont il avait modifié l’histoire du roman D’entre les morts qu’ils lui avaient vendu (il dévoilait le secret de l’histoire une demi-heure avant la fin) et qui devait donner naissance à Vertigo, en français, Sueurs froides. Or le tribunal français a donné raison à ces béotiens – le film est bien meilleur que le livre –, et Vertigo a été interdit en France pendant environ vingt-cinq ans. Cette histoire est incroyable, mais totalement vraie, on ne pouvait voir le film qu’à la Cinémathèque, ou en l’important clandestinement depuis la Belgique, en se gardant bien d’imprimer des affiches !
(Je crois que, de ce livre, je vais arracher la page de garde. Son précédent propriétaire l’avait reçu avec, en dédicace, « Vœux 72 - Bisous - Les Enfants ». Bisous, non mais... Que de baffes qui se perdent !)