Tout le monde sur le Pont !

Publié le par Yves-André Samère

Voici donc, comme promis ICI, pourquoi on peut affirmer que la Mairie de Paris et le bras armé d’Anne Hidalgo, le patibulaire Bruno Julliard, mentent effrontément pour se débarrasser des cadenas qui, selon eux, mettent en danger le Pont-des-Arts, à Paris.

Premier argument, burlesque, imaginé par ces honnêtes gens : les clés que les amoureux jettent dans la Seine pour éviter qu’on puisse ouvrir leur cadenas mettraient en danger les poissons de la Seine, qui s’empoisonneraient en les mangeant. C’est bien connu, les poissons de la Seine sont très friands de métal et se jettent sur tout cadenas qui passe. Rappelons que l’oxydation de l’acier ou du laiton ne génère aucun produit toxique, et qu’on ne fabrique pas encore de cadenas au mercure. Passons donc aussi...

Plus sérieux, car il faut savoir un peu compter, on nous a raconté que l’ensemble des cadenas du Pont-des-Arts pèserait 60 tonnes, voire 90 tonnes, menaçant de faire connaître au pont le sort de la piscine Deligny, qui a naguère fini au fond du fleuve – sans doute un châtiment divin, attendu que cet endroit était un lieu connu de drague homosexuelle. Je me suis donc muni d’un cadenas de l’espèce courante, et je l’ai pesé : environ 60 grammes (j’avais un peu exagéré, en août, en estimant ce poids à 80 grammes), une partie en laiton, disons les deux tiers, et une partie en acier, le tiers restant. Les 60 tonnes annoncées représentent ainsi un million de cadenas (et un million et demi dans le cas de l’hypothèse haute, 90 tonnes).

Un million de cadenas ? Souvenez-vous qu’ils sont (ou étaient) accrochés à 113 panneaux mesurant chacun un mètre de hauteur sur 2,65 mètres de largeur. Surface totale : 300 mètres carrés. Donc, à raison d’un million de cadenas (un million et demi selon l’hypothèse haute), on devrait en accrocher... 3333 par mètre carré, et 5000 pour l’hypothèse de science-fiction née dans les cerveaux de madame Hidalgo et de son acolyte. Je vous conseille de tenter l’expérience chez vous : achetez un mètre carré de grillage et cinq mille cadenas, et accrochez les seconds aux mailles du premier. Succès garanti.

Voyons à présent le volume que devrait prendre un container où pourraient être déposés ces cadenas. Sachant qu’un décimètre cube d’acier pèse entre 7,5 et 8,1 kilos, et un volume identique de laiton, entre 7,3 et 8,8 kilos, ce qui donne une masse moyenne oscillant entre 7,37 et 8,57 kilos par décimètre cube, le container pouvant recevoir toute cette quincaillerie devrait avoir un volume compris entre 7001 et 8141 décimètres cubes selon l’hypothèse basse, entre 10 501 et 12 211 décimètres cubes dans l’autre cas.

De sorte que, si le container est cubique, il devra mesurer entre 1,91 mètre et 2,10 mètres si les cadenas ne pèsent QUE 60 tonnes, entre 2,19 mètres et 2,24 mètres s’ils en pèsent 90. Ma salle de bains est moins spacieuse.

On pourrait peut-être exposer ce monstre Place Vendôme, après l’avoir peint en vert ! Ça se fait beaucoup, actuellement.

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