Déboulonnons : Ségolène Royal

Publié le par Yves-André Samère

J’ai toujours su que Ségolène Royal était un imposteur. En fait, depuis que j’ai visionné cette séquence ayant suivi, je crois, l’élection de Mitterrand, et où la voyait s’approcher de l’élu et lui souffler « Est-ce que vous pouvez faire quelque chose pour moi ? ». Autrement dit, elle sollicitait un poste bien placé...

Candidate bien plus tard à l’élection présidentielle, ayant fait perdre son parti, elle a réussi à redevenir ministre dans le gouvernement de Valls, à un poste où elle a multiplié les déballonnages piteux (souvenez-vous de cette subvention à la voiture électrique, ou des portiques de l’écotaxe). Ce qui ne l’a pas empêchée de placer ses pions chaque fois qu’elle le pouvait, en marchant sur les autres.

Le dernier épisode de ce parcours glorieux n’est pas ancien, il date de quelques jours. Voici.

Tout récemment, l’Assemblée nationale a voté la loi sur la transition énergétique, pilotée par le ministère de l’Écologie que dirige madame Royal. Il se trouve qu’Aram Derambarsh, conseiller municipal dans la ville de Courbevoie, avait rédigé sur ce sujet un amendement pour la loi Macron, basé sur son expérience personnelle : il avait fait le siège des grandes enseignes de distribution du type Carrefour, et plaidé pour que celles-ci, au lieu de jeter les produits alimentaires ayant dépassé la date de péremption, lui permettent, à lui et ses amis, de les récupérer pour les distribuer immédiatement aux nécessiteux, puisque les spécialistes reconnaissent que la chaîne du froid persiste durant quatre heures (il fallait donc agir très vite). Il a donc demandé à Mathieu Kassovitz de l’aider à rédiger une pétition réclamant un encadrement légal, afin de transformer cette initiative privée en texte de loi. La pétition a reçu plus de cent mille signatures, et la loi est passée, autorisant toute association à EXIGER, des grands magasins, qu’ils fournissent gratuitement les invendus encore consommables, sous peine de contravention. Il faut savoir que chaque supermarché jette chaque soir, en moyenne, quarante kilos de nourriture « périmée », en l’arrosant d’eau de Javel pour en empêcher toute consommation (il y a eu un film sur ce sujet, Discount, sorti en janvier dernier). Et cette pétition s’est étendue à l’Union européenne, recueillant à ce jour 594 813 signatures. Cette initiative a été suivie par tous les parlementaires français, députés et sénateurs, comme l’avait été l’initiative de Coluche créant les Restos du Cœur. La loi est donc effective, il n’y manque plus que les décrets d’application.

Or, tout au long du processus d’élaboration de cette loi, et bien qu’ayant contacté plusieurs ministres, été visité par deux commissions parlementaires et reçu deux fois à l’Élysée, Derambarsh n’a pas été reçu par Ségolène Royal, qui « n’était pas disponible », ni pour lui, ni pour le projet, et qui n’a jamais réagi. Prévu au départ pour la loi Macron, l’amendement est finalement glissé dans le projet de loi du ministère de l’Écologie. Mais, il y a une semaine, madame Royal publie un tweet prétendant que cet amendement est SA proposition, et intitule le tweet #LoiRoyal (rappel : la loi s’appelle Loi de transition énergétique).

Elle s’est donc attribué le mérite d’une loi qui n’était pas d’elle, et dont elle avait refusé de parler avec l’auteur. Et, le jour du vote, elle n’a pas assisté à la séance à l’Assemblée, laissant son sous-ministre Alain Vidalies (Secrétaire d’État chargé des transports, de la mer et de la pêche), la remplacer. Elle n’a pas eu non plus le moindre mot de remerciements envers ceux qui s’étaient décarcassés pour la loi.

Une belle âme, madame Royal.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Attitude on ne peut plus classique, et pas qu'en politique. Un procès retentissant impliquant une société du CAC 40 devait avoir lieu, qui a demandé deux années complètes à un juriste pour débrouiller l'histoire et préparer la défense. Le procès arrive, caméras et journalistes compris. C'est la directrice du service juridique, énarque en pantouflage, qui, lors du verdict clément, s'est pavanée devant les caméras, bien sûr. Elle ne connaissait pas une ligne dudit procès, et si l'issue n'en avait pas été positive, qui aurait affronté les journalistes ??? Le pauvre juriste blanchi sous le harnais.
Ne cherchez pas, cette histoire a 30 ans.
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Y
Je vais peut-être trouver. Il y a si peu de scandales dans notre beau pays !