Occupons-nous d’Amélie

Publié le par Yves-André Samère

Samedi, en fouinant à la FNAC, ce que je fais souvent, j’ai vu à l’étalage le dernier livre d’Amélie Nothomb – comme chaque année à cette époque : pas de « rentrée » sans un roman de la chère Amélie. Cela s’intitule Riquet à la houppe, comme le conte populaire qu’illustra notamment Charles Perrault. Mais il s’agit évidemment d’une version contemporaine, dans laquelle le héros, remarquable de laideur (et d’intelligence, car cela va souvent de pair, voyez Albert Jacquard), est ornithologue.

Je ne me suis pas précipité pour acheter le livre, car, connaissant la musique, je me doutais bien qu’il serait très vite piraté et téléchargeable. Et, en effet, dès le lendemain, donc avant-hier, il atterrissait sur mon disque dur, via le miracle habituel qui donc ne m’étonne plus. Je l’ai lu et terminé ce matin, au réveil. Pour une fois, Amélie donne à l’épilogue son avis personnel sur les livres, en particulier sur la place de l’amour dans la littérature, et rapporte que, l’année dernière, elle a lu d’un trait les 147 romans de La comédie humaine, le cycle romanesque de Balzac.

Je comprends assez mal que les critiques français descendent en flammes chaque livre d’Amélie Nothomb, qui écrit fort bien (tout au plus ai-je relevé un « au final » qu’aucune personne cultivée ne devrait jamais employer), a beaucoup d’imagination (ce qui me rend jaloux car je n’en ai aucune), et qui sait faire court, une qualité que devrait lui envier Donna Tartt  (et Cervantès, soit dit en passant, attendu que son Don Quichotte, comme le remarquait Montherlant, est « trois fois trop long », et je confirme).

En plus, elle est baronne. Comme Annie Cordy, mais de naissance, elle.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
C : ce livre, c'est "Confiteor" de Jaume Cabre. Un livre qui traverse le XXème siècle avec... tout. Causticité, talent, humour, érudition, un mode narratif unique, vraiment je le mets au niveau de Cent Ans de Solitude, de la Vie Mode d'Emploi, de ce genre de romans que vous ne pouvez lâcher, et qui ne vous lâchent pas, longtemps après.
Le mode narratif peut surprendre au début, mais non seulement on s'y fait très vite, mais il est parfaitement cohérent avec le narrateur et son destin, que l'on découvre au fil des pages.
Un grand roman.
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Y
Comme Laurent Voulzy, qui est aussi rapide ?
D
Disons qu'il ne prend pas ses lecteurs pour des crétins.
Y
Dix ans pour écrire un livre ? Il cherche à imiter Donna Tarth ?
D
Il est Catalan, et a mis 10 ans à écrire ce roman. Babel Actes Sud. Bien connu dans le monde hispanophone, mais curieusement, pas trop chez nous. Traduction exceptionnelle.
Y
Tiens !? Je ne connais pas. Oui, il existe des livres que je n’ai PAS lus. Étonnant, non ?
D
Faire court peut être une qualité, mais faire long n'est pas forcément un défaut.
J'ai lu un livre de mille pages qui pour moi est un vrai chef d’œuvre, rare et passionnant. Je n'en ai pas sauté une ligne. Et vous pouvez tomber sur un livre de 150 pages que vous avez envie d'abandonner au bout de 5 minutes.
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Y
Elle répondra. Mais sans trop m’avancer, je ne crois pas que ce sera le “Perfidia” de James Ellroy (1820 pages).
C
Dominique, quel est ce livre de mille pages ? Je suis curieux.
Y
J’ai relu “Autant en emporte le vent”, qui ne m’a pas ennuyé une seconde. Mais “2084”, de Boualem Sansal, beaucoup plus court et que les critiques ont couvert de fleurs, m’a accablé d’ennui.