Soixante ans de Constitution

Publié le par Yves-André Samère

On parle ce matin des soixante ans de la Constitution de 1958, parce que c’en serait aujourd’hui l’anniversaire. En réalité, nous sommes le 29 septembre, mais le référendum qui l’avait approuvée a eu lieu le 28 septembre 1958. Et De Gaulle, qui l’avait imposée (il disait « proposée »), inaugurait la méthode de charlatan (il aurait adoré Macron, adepte de la même) qui lui servira constamment tout au long de son septennat : deux questions, une réponse ! Imaginez un peu qu’on vous « propose » ceci : voulez-vous la paix en Algérie ET que je sois président de la République ? Ce truc a fonctionné jusqu’en 1969, quand les Français répondirent par un Non « franc et massif », comme disait Mongénéral ! Ce qui suffit à le renvoyer à Colombey, car le monarque ne supportait pas, d’une part, les partis politiques – système trop démocratique –, et, d’autre part, qu’on le contrarie. Il y voyait un crime de lèse-majesté, évidemment.

Quel dommage que not’ président actuel n’utilise pas ce système, qui nous permettrait de nous débarrasser de lui.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Mathéo 30/09/2018 11:46

Heureusement que le Général était au-dessus des partis politiques. La Quatrième République était un merdier grotesque qui n'aurait jamais pu fonctionner, justement à cause des querelles de partis. Il l'avait bien compris. De même, je me répète, un dictateur n'aurait jamais pris le risque de faire un référendum visant à le virer. Vous imaginez Franco ou Ceausescu faire un truc pareil ? Croyez-moi, ce n'est pas demain la veille que Macron demandera aux Français de décider de son sort (ce que le Général a fait). Il est trop orgueilleux pour cela.

Yves-André Samère 30/09/2018 14:18

La Quatrième république fonctionnait très bien. Elle était totalement démocratique. Comme tu ne l’as pas connue, tu ne peux pas le savoir. Évidemment, elle était un peu instable et soumise aux changements d’avis des électeurs. Mais cela déplaisait à ceux qui voulaient prendre sa place, tel De Gaulle, qui n’était pas « au-dessus » des partis, comme il le prétendait, et comme je l’ai démontré. Mais il se mettait lui-même au-dessus de tout. En témoignent les procès quasiment quotidiens contre les citoyens, poursuivis pour « offense au chef de l’État », tel celui qui avait simplement crié « Hou hou ! » lors de son passage en ville. C’en était ridicule. Aucun de ses successeurs n’a poursuivi un citoyen français, ni Giscard, ni Mitterrand, ni Chirac, ni Sarkozy, ni Hollande. Sauf Pompidou, qui a poursuivi, non pas un simple citoyen, mais un journal pour avoir utilisé sa photo dans une publicité pour un hors-bord !

Quant au référendum « visant à le virer » (De Gaulle), il y a eu une théorie disant qu’il l’avait fait exprès, car, après Mai-68, il en avait assez de ce pays qui ne reconnaissait pas ses mérites. C’était un peu hardi, mais pas invraisemblable.