Le dernier cinéma porno de Paris

Publié le par Yves-André Samère

Hier soir, le plus rigolo des journalistes de « Quotidien » (et le seul que j’ai cotoyé dans une manifestation du Front National, au pied de la statue de Jeanne d’Arc) nous a révélé que le dernier cinéma porno de Paris, et probablement de France, allait fermer. Il s’agit du Beverley, dans une petite rue qui débouche sur les Grands Boulevards, juste en face du Théâtre du Gymnase. Je n’ai jamais fréquenté cette salle, au tarif unique de 12 euros, et qui ne reçoit plus que 470 clients par semaine, mais suis passé parfois dans cette modeste rue en pente (dite « de la Ville Neuve »). Le propriétaire de la salle, Maurice Laroche, qui faisait également office de projectionniste, prend sa retraite et va la passer au bord de la mer.

La fermeture est pour demain samedi 23 février. Si vous êtes intéressés, le patron vend son stock, affiches, pellicules, et tout ce que vous voudrez.

Je profite de cette occasion pour vous raconter une petite histoire vraie. Au beau temps où les salles pornos étaient encore florissantes, il y avait, non loin de là, dans une autre rue donnant sur les Grands Boulevards, une salle de cette catégorie réservée aux homosexuels. Or le « Canard enchaîné » avait révélé que tout l’immeuble, donc le cinéma, le Boys Video Club, au 46 rue Vivienne, appartenait par héritage à une ancienne actrice de cinéma, Élina Labourdette, qui, entre 1938 et 2011, avait joué dans 46 films et téléfilms, dont, excusez du peu, le très célèbre Les dames du Bois de Boulogne, réalisé par un maître du cinéma, Robert Bresson (il y avait un trou dans sa filmographie, entre 1983 et 2011), mais aussi pour Jacques Becker, Jean Renoir, Jean-Pierre Mocky et Jacques Demy (dans Lola). Or cette actrice, d’ailleurs assez jolie, avait épousé Louis Pauwels, écrivain et patron d’un journal, « Le Figaro Magazine », également fondateur de la revue « Planète », qui avait publié Le matin des magiciens. Mais « Le Canard » avait écrit que ce patron de droite très catholique « encaissait les loyers d’un cinéma porno », et Pauwels lui avait intenté un procès, que, je crois, il avait perdu, car il n’y avait pas diffamation, le fait étant exact et vérifiable !

Ce cinéma n’existe évidemment plus. Et ces gens du « Canard » sont diaboliques. On devrait les excommunier.

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