Encore un (bon) auteur épinglé !

Publié le par Yves-André Samère

Si vous ne connaissez pas Pierre Bayard, un auteur dont la spécialité est de réécrire l’explication des énigmes célèbres (Hamlet, Conan Doyle, deux romans d’Agatha Christie, Kafka, Jules Verne, Edgar Allan Poe, et même... Houellebecq), je vous invite à le lire au plus vite ou à me demander de vous les envoyer sous le format epub.

Bayard écrit très bien, et je le signale d’autant plus volontiers que je viens de tomber, en feuilletant son essai Le “Titanic” fera naufrage, sur une faute de français que ne commettaient, jusqu’ici, que les cancres, les hommes politiques ou les gens de médias. Voici ce qu’il écrit :

 

« C’était le plus grand navire en exploitation et la plus prestigieuse création de l’homme. Toutes les sciences et tous les corps de métier de notre civilisation avaient contribué à sa construction et assuraient sa maintenance ». C’est par ces lignes que Robertson débute “Futility”, le livre qu’il a consacré à la tragédie du “Titanic”.

 

(NB : Morgan Robertson était l’auteur du roman Futility – dans lequel il imaginait le naufrage d’un énorme paquebot nommé “Titan”, qui coula, non pas en 1912 –, mais... publié en 1898 ! D’où le titre que Bayard a donné à son livre, Le “Titanic” FERA naufrage)

Cela dit, où se trouve la faute de français ? Elle se trouve dans le verbe débuter, auquel Bayard donne un complément d’objet direct – « Robertson DÉBUTE “Futility” » – qui, étant intransitif, ne peut pas introduire un tel complément.

C’est toujours une jouissance que de découvrir un auteur réputé en train de se prendre les pieds dans le tapis. Naguère, j’avais coincé Voltaire dans son Candide.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

T
Par ailleurs, je ne comprends pas la construction de la subordonnée dans la première phrase entre parenthèses: "qui coula, non pas en 1912, mais... publié en 1898".
Répondre
Y
L’expression “publié en 1898” se rapporte au nom “roman” de la ligne précédente. Évidemment, la phrase est un peu longue. Aussi l’ai-je un peu modifiée, en mettant entre tirets la partie qui alourdit le tout et fait un peu obstacle à la compréhension.