Chirac « en mauvaise santé »

Publié le par Yves-André Samère

Mais pourquoi diable s’obstine-t-on à décerner des prix d’interprétation, dans les divers festivals de théâtre ou de cinéma, à des acteurs aussi fades et ringards que Michel Bouquet, Michel Lonsdale, Helen Mirren ou Danielle Darrieux ? Alors que nous avons un couple unique chez nous, Jacques et Bernadette Chirac ? Avouez que, en tant que ménage de comédiens, ils laissent loin derrière eux les Renaud-Barrault, les Burton-Taylor et les Desailly-Valère !

Cela fait des mois, voire des années, qu’on sentait venir la grande scène du Deux, celle qu’ils nous jouent depuis le début de l’été, spectacle que seuls les journaleux complaisants ont fait mine de croire authentique. Jacques Chirac, vu sa santé mentale, serait « incapable de comparaître » devant la justice lors de son procès qui s’ouvre après-demain, pour abus de confiance, prise illégale d'intérêts et détournement de fonds publics, commis (« supposés commis », disent les timides et les complaisants) quand il était maire de Paris. Autant de petites plaisanteries qui devraient lui valoir, au maximum, dix ans de cabane et 150 000 euros d’amende infligés par le tribunal de grande instance de Paris, ce qui est peu pour un homme n’ayant jamais rien payé de sa poche, pas même son loyer.

Certes, pour la galerie, Chirac dit ou fait dire qu’il VEUT être jugé ! Héroïque. Il n’affirme pas qu’il veut être condamné, mais il pourrait se permettre ce raffinement, attendu que, tout le monde le sait d’avance, la justice ou ce qui en tient lieu va passer l’éponge. Cette pieuse affirmation qui tend à le faire passer pour un citoyen ordinaire, ce qu’il n’a jamais été puisqu’il n’a jamais travaillé ni gagné sa vie honnêtement, est martelée par son entourage à grand renfort d’interviews et de confidences faites par ses proches, depuis qu’il a quitté l’Élysée il y a plus de six ans. « Jacques Chirac a toujours dit qu’il assumerait ses responsabilités devant la justice », ajoutait son avocat, maître Veil, fils de Simone. Certes, certes… Il avait dit aussi qu’il nagerait dans la Seine, au début de son mandat de maire de Paris.

Un citoyen ordinaire, un « justiciable comme un autre » – selon la terminologie officielle, les slogans de la com’ et les déclarations de sa femme –, et un homme malade ? Rions ! Sur ce dernier point, en janvier, Bernie en personne a démenti qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer. Mais, à coups de gaffes soigneusement préméditées, comme sa déclaration en faveur d’un socialiste à l’élection présidentielle de l’an prochain, Chirac s’applique à fignoler son image d’homme qui n’a plus toute sa tête, pendant que sa digne compagne joue les faux cerbères et fait mine de le réprimander publiquement pour ses excès de boisson et de drague des jolies femmes lors de ses (multiples) apparitions en public – rarement à Béthune ou Sainte-Foy-la-Grande, vous remarquerez, il préfère Saint-Tropez.

Mais qu’importe que le public ne soit pas dupe, ce n’est pas le public qui décide. Si le peuple avait la parole en France, ça se saurait. Il sait bien, le peuple, que Chirac est un menteur et un voleur, et que, ce qui est populaire en France, c’est moins l’homme que sa marionnette aux Guignols !

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