Je vis en Afrique !

Publié le par Yves-André Samère

Oui, bien que résidant au centre de Paris, j’ai parfois l’impression de vivre en Afrique noire.

Comme on sait, il est presque impossible, à Paris comme dans les autres grandes villes, d’entrer dans un immeuble si on ne connaît pas le code qui permet d’ouvrir le « concierge électronique » protégeant le portail. Pour cela, deux moyens existent : soit taper ledit code sur un clavier, soit présenter devant un capteur un passe tout aussi électronique, que possèdent les résidents du lieu.

Il va sans dire que les facteurs qui sont censés vous distribuer votre courrier lorsque la Poste n’est pas en grève (mais c’est exceptionnel) ne peuvent pas connaître tous les codes des immeubles de leur tournée. Ils ont donc un passe spécial, qui ouvre TOUS les immeubles – contrairement à celui que détiennent les résidents, qui n’ont que celui attachés à LEUR immeuble. Sauf Loránt Deustsch, qui a le passe des postiers, peut donc entrer partout (si on vous fauche vos lettres d’amour, vous saurez qui vous les a piquées).

Or, depuis une douzaine de jours, le système de décodage de mon immeuble par passe électronique est en panne. Vu le dynamisme et l’efficacité de notre syndic, la réparation sera sans doute faite à la Saint-Glinglin, et donc, nous ne pouvons désormais pénétrer dans notre immeuble qu’en tapant le fameux code... celui que les facteurs n’ont pas. Il s’ensuit qu’avant-hier, la Poste a collé un avis sur notre portail : nous devrons désormais aller chercher notre courrier nous-mêmes au bureau de poste central, celui de la rue du Louvre ! Eh oui, il n’y a plus, à Paris, de facteur attaché au bureau du quartier, ils viennent tous de la Grande Poste. Certes, la rue du Louvre n’est pas très éloignée de chez moi, un petit kilomètre au pis, mais si j’avais habité au fin fond du quinzième arrondissement ?

En Afrique noire, les facteurs n’existent pas, et vous devez louer une boîte postale, ou utiliser celle d’un ami complaisant. Et donc, désormais, mon immeuble du centre de Paris se trouve téléporté en Afrique. Je sens que je vais devenir animiste. D’ailleurs, j’ai croisé hier soir ma voisine de palier : elle portait un boubou et m’a demandé si j’avais un grigri efficace contre les sorciers.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Pas besoin. À ma naissance, les fées penchées sur mon berceau m’ont tout donné par anticipation. Je n’ai donc sur moi que ma carte d’abonnement, valable dans la moitié des cinémas de Paris, c’est
bien suffisant. Et quelques piécettes à distribuer aux pauvres, les jours où je suis de bonne humeur.
Répondre
D
Et alors? Vous en aviez un (grigri)?
Répondre