Le Festival France Bourdes

Publié le par Yves-André Samère

France Inter, alias France Bourdes, nous a gâtés, aujourd’hui. Le festival a commencé peu avant huit heures et demie, avec l’invité David Foenkinos, qui a gagné le Prix Goncourt des lycéens. J’ignore si cet écrivain sait écrire (j’ai son livre, que j’ai téléchargé, néanmoins je ne le lirai que lorsque j’aurai terminé tout le reste, quelques centaines de livres qui m’intéressent davantage), mais je suis sûr qu’il ne sait pas parler, car les « Voilà ! » ont jailli en rafale de sa bouche, et on a bien dû en ouïr deux cents dans la demi-heure qui a suivi. Je précise que le Prix Goncourt des lycéens est un prix bidon, puisqu’il fonctionne ainsi : on recrute, parmi les centaines de lycées qui ont posé leur candidature, environ deux mille lycéens, puis on écrème pour en choisir une vingtaine, les seuls qu’on réunira sous la haute férule d’un membre de l’Académie Goncourt, lequel dirigera les débats et fera « élire » un des livres sélectionnés par son Académie seulement. Donc aucun risque de dérapage, le bouquin désigné sera bien convenable, conforme à la mode du moment, et fera une bonne publicité au vrai prix Goncourt. Il ne sert qu’à ça.

À neuf heures moins cinq, on a eu François Morel. D’ordinaire, il est bon, mais ce jour, il ne devait pas être en forme. Il nous a d’abord servi un joli « cuir » avec cette léthargie frappant Blanche-Neige, « dont-z-elle ne sortira pas indemne », puis il a casé une belle faute de français, avec cette « petite fille qui s’était FAITE la complice » de je ne sais plus trop qui, horrible incartade grammaticale dont il s’était déjà rendu coupable en enregistrant un texte pour l’avant-dernier spectacle de Didier Porte – le texte étant de celui-ci, qui est coutumier des fautes de français, donc les torts sont partagés. Le dérapage avait par conséquent été entendu dans des dizaines de théâtres.

Et puis, dans La bande originale, vers onze heures et demi, cette fille dont l’activité consiste à dévider le calendrier des années passées nous a révélé que le premier flashmob à Paris avait eu lieu en 2003, au Musée du Louvre. J’ai vérifié, elle a trouvé ça dans Wikipedia, mais l’information est inexacte, il y a eu des flashmobs à Paris avant cela : j’ai participé à une demi-douzaine d’entre eux, à la gare Saint-Lazare la première fois. Le dernier, semble-t-il, a eu lieu devant le Centre Pompidou, afin de « protester » contre le mouvement Dada, qui avait une exposition à ce moment dans ledit centre. Quant au dernier dont j’ai eu connaissance, puisque j’y étais, le public n’y participait pas, donc c’était un faux flashmob. Organisé par Free, il se tenait aussi devant le Centre Pompidou, le 29 mai 2010. Thème : une bataille d’eau géante, où trois pelés et un tondu, affublés de T-shirts publicitaires, et armés de pistolets à eau en plastique, se tiraient dessus. Il y avait bien deux ou trois caméras, mais je parie qu’on n’a rien pu en tirer, à moins qu’un procédé nouveau ait su enrichir le vide. Comble d’horreur : les quelques policiers qu’on avait envoyés pour empêcher les débordements de la manifestation ont commencé par tourner le dos aux trublions pour discuter entre eux, puis ils sont partis avant la fin ! Belle illustration du bide.

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Yves-André Samère 28/11/2014 22:27

Heureux d’avoir comblé ton impatience.

Il aurait dû se corriger immédiatement. Errare humanum est, perseverare diabolicum. Autrement dit, si on se corrige soi-même immédiatement, la faute est oubliée. Dans le cas contraire, un autre te
corrige, et tu restes ridicule.

J’ai un point de vue assez peu laxiste sur la question : quand on a l’honneur de pouvoir parler à des millions d’auditeurs, on doit faire attention. C’est un minimum.

Julien 28/11/2014 18:50

J'avoue que j'attendais cette notule sur la liaison mal-t-à-propos de Morel avec impatience ! Quelle horreur... A sa décharge, j'ai senti comme un flottement juste après. Mais finalement non, il ne
s'est pas repris.